Le collectif maintient la pression

Devant la « discrétion » actuelle des autorités de tutelle, le collectif des associations de défense de l’environnement de la vallée de l’Hérault reste vigilant et actif. Sept « lièvres » ont été levés depuis sa constitution. Certes, un proverbe dit qu’il ne faut pas courir derrière plusieurs à la fois. Mais dans  ce cas, il y a plusieurs traqueurs » de passe-droits, de non-respect des réglementations, voire de décision de justice.

Deux dossiers concernent les carrières de Saint-André de Sangonis, et cinq autres la seule commune de Gignac. A chaque réunion du collectif, le point est fait sur chacun d’eux et des initiatives prises pour relancer telle ou telle démarche.

Ainsi, lors de la dernière réunion tenue à Canet fin mars, les responsables des diverses associations, dont « Vivre à Brignac », ont décidé l’envoi de deux courriers.

Le premier à l’adresse du préfet de Région concerne la modification du PLU de la commune de Saint-André de Sangonis. Le conseil municipal a pris, le 8 février dernier,  une délibération modifiant  le statut de deux parcelles le long de l’Hérault, c’est-à-dire les a déclarées constructibles dans une zone… inconstructible parce qu’inondable.

L’objectif de ce déclassement est de permettre à la société Leygue d’implanter un poteau de soutien d’un transbordeur et de permettre le passage du convoyeur nécessaire à l’extension des carrières.

Or, il s’avère que les documents joints à ce projet et soumis au vote des élus Saint-Andréens ne mentionnent aucunement les limites du périmètre de la dite zone inondable et encore moins le fait qu’elle est incluse dans celle de Natura 2000.

« Ces documents ne reflètent pas l’exacte réalité du problème » affirment les signataires du courrier qui demandent au Préfet de Région : « Nous voulons savoir si les parcelles concernées (653 et 618) au lieu-dit « Chemin de Ferrat » peuvent changer ainsi de statut par le biais de ce vote. »

Réponse effectivement intéressante à connaitre, d’autant qu’en 2004, une étude à propos des sites sensibles, dont celui de Saint-André de Saint-André de Sangonis, a été réalisée par l’association « Terres demain » et cofinancée par le Conseil Général de l’Hérault  et la Communauté de Communes de la vallée de l’Hérault, à hauteur respectivement  de 45 000 et 14 500 €.

Classer le canal de Gignac

La seconde missive a été envoyée au conservateur des Monuments historiques du Languedoc-Roussillon. Elle lui demande une étude sur le classement à l’inventaire du canal de Gignac. En effet, il est question de couvrir ce canal en partie à hauteur du domaine de Rieussec, lui-même inscrit au dit inventaire. La raison en est la rocade envisagée pour le contournement par l’est du village.

Cet ouvrage date du XIXème siècle. Il remplit plusieurs fonctions : agricole, environnementale, paysagère, architecturale, à l’instar du canal de Carponne en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui a fait l’objet d’une telle mesure de conservation. Et les signataires de préciser :

« Nous attirons votre attention, notamment sur ses ouvrages d'art et ses dispositifs techniques (barrages et prises d'eau, canaux, rigoles, partiteurs...) indispensables à son fonctionnement à l'air libre et au maintien de la biodiversité, des paysages irrigués et des ripisylves qui lui sont liés.

« La ligue de Protection des Oiseaux insiste sur la conservation des écoulements gravitaires de surface, qu'il a toujours générés depuis sa création au milieu du XIXème siècle. Car, elle est la condition du maintien d'une faune riche et abondante dans cette partie des territoires de l'Hérault. »

Carabotte : appel au Ministre de la Justice

Du fleuve Hérault, il en est également question dans la lettre adressée au Ministre de la Justice part le Président de l’ASPEC, association partie prenante du collectif. Ce dernier demande le respect de la loi et de la chose jugée. En l’occurrence le jugement du tribunal administratif de Montpellier en date du 23 juin 1999 qui a déclaré illégal le barrage hydro-électrique de la Carabotte.

Cet ouvrage est toujours en service. Sans la moindre des modifications prescrites malgré sa dangerosité. Rappelons la double noyade, au cours de l’été 2009, d’un enfant et d’un adulte qui s’était porté à son secours, entrainés tous deux par le remous en aval de la station.

Par ailleurs, certains s’interrogent sur l'origine de l’incident qui s’est produit, le 11 mars dernier, dans ce secteur de Saint-André : une surtension soudaine sur le réseau électrique a provoqué la mise hors service d’un certain nombre d’appareils ménagers, congélateurs, téléviseurs, lecteurs de DVD, ordinateurs, etc.…

On a prétexté la chute d’arbres sur une ligne électrique, puis une mauvaise manipulation. En fait, on a constaté que l’essentiel des dégâts se situe au sud du village, autour de la station d’épuration, en bordure de l’Hérault. Mais, surtout, ce qui intrigue c’est la discrétion qui a entouré l’événement.

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés