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Les carriers sont gens utiles et influents en vallée de l’Hérault. En effet, le secteur de la construction a besoin de leur production pour bâtir maisons, immeubles, bureaux, bâtiments industriels, routes. Or, en 6 ans, dans le Clermontais en pleine expansion, la population est passée de 15 à 20 000 habitants en raison du développement et de la proximité des autoroutes A 75 et A 750. Certaines communes ont vu leurs populations presque doubler.
Cette migration vers un secteur jusque là essentiellement rural et touristique se heurte, aujourd’hui, au développement des carrières, elles aussi dévoreuses d’espace et, hélas, destructrices des paysages, attraits essentiels de la venue en Clermontais des néo-ruraux.
Aussi, il n’est pas étonnant que, devant les atteintes portées à l’environnement par des choix parfois hasardeux et l’attitude « compréhensive » de certaines municipalités, qu’un certain nombre de citoyens aient réagi et constitué des associations de défense. Les responsables de ces groupements ont vite compris la nécessité, face à certains interlocuteurs, de s’unir en collectif.
Et il n’est pas surprenant également que les premières initiatives du dit collectif ont visé les projets des sociétés SOLAG et LEYGUES sur le territoire de la commune de Saint –André de Sangonis. Les dossiers étaient soi-disant « bouclés ».
Or, en préfecture, le représentant de l’Etat a préféré, avant d’apposer sa signature au bas d’une autorisation, s’assurer de la pertinence des arguments avancés par les carriers et ceux des représentants des citoyens opposés à leurs visées expansionnistes.
Le deuxième front ouvert contre les « pollutions » du paysage par le collectif se situe à Gignac. Et, là, pas moins de cinq « lièvres » ont été soulevés. Et, surprise, derrière le plus cognitif pour les habitants de cette commune, à savoir le contournement du village à l’est par une rocade que trouve-t-on ? Les carriers !
Cette rocade, depuis l’autoroute A75 (sortie de Saint-Jean d’Aumières) vers la RD 32 qui mène à Aniane et St-Guilhem le désert, a pour but principal de « sécuriser » la traversée de Gignac par les camions en provenance des carrières de Viols-le fort et Puéchabon !
Traduire « sécuriser » par faciliter. En effet, une noria permanente de poids lourds à travers le dédale des rues du village aurait des conséquences pour le moins fâcheuses pour la tranquilité de la population, les constructions et les… édiles en place.
Passons sur les divers tracés initialement envisagés, sur le coté confidentiel de l’information préalable de la part de la municipalité. Ne considérons que celui pour l’instant retenu, une chaussée à deux voies, sans accès riverains. Une façon également de neutraliser l’urbanisation le long de cette voie.
Mais aussi un « coup de sabre » dans le paysage. Une balafre dans le vif d’un secteur protégé, au beau milieu du vignoble, à l’intérieur du périmètre de protection du domaine de Rieussec et de ses jardins historiques, inscrits à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques.
Cette opération, laisse-t-on entendre, en est encore au stade des études préalables. Voire. L’initiative en revient au Conseil Général. Les élus locaux ont été saisis du projet. Le branchement de rocade avec l'A 75 a été étudié en concertation avec la Direction interdépartementale des routes. Le débat a été ouvert à propos de l’aspect environnemental avec la DREAL. A été simplement oubliée la concertation avec les professionnels et les associations.
Et, c’est là où le bât blesse. C’est aussi la raison de l’intervention du collectif de la vallée de l’Hérault dans ce dossier, de l’audience, sollicitée et obtenue, auprès de M. Louis Villaret, président de la Communauté de Communes de la vallée de l’Hérault et conseiller général, ainsi que du courrier adressé au Préfet de Région et la saisine du Ministre de l’écologie.
C’est aussi celle de la protestation adressée par les dirigeants du collectif au président du comité de pilotage du projet « Valcordia » pour n’avoir pas été informé et encore moins invité à la réunion tenue du 23 au 25 mars dernier…à Gignac.
Sans s’opposer à une activité indispensable, le collectif entend que soient respectées les réglementations en vigueur, que le seul profit de quelques uns ne se fasse pas au préjudice de l’espace vital et de l’environnement des habitants, anciens et nouveaux, du Cœur d’Hérault.