Lors sa dernière séance publique, le conseil municipal de St-André de Sangonis est revenu sur décision initiale : il
a donné son accord, par 14 voix contre 10, à l’ouverture de nouvelles carrières par la société Leygues, entre les rives de l’Hérault et de la Lergue.
Après une présentation, qui a passé sous silence la réduction de l’aire de la « clairette », les aires de protection de protection de la faune sauvage, l’interdiction de construire en
zone inondable, aspects qui ont été, tout de même, rappelés au cours du débat par Mme Audurier-Cros, la majorité a surtout retenu l’intérêt financier suscité avec le versement d’une somme
de 370 000 € à la commune par la société demanderesse. Et, ce, sans que soit précisée, lors de cette annonce inattendue, la justification d’une telle somme. Certes, tout a un prix. Aux
Saint-Andréens d’en mesurer l’aune.
Pour les habitants des communes voisines, les menaces sur leur environnement se précisent. Un convoyeur long de 510 mètres et à 11 mètres au dessus du sol s’imposera dans le paysage au confluent
de l’Hérault et de la Lergue. En termes de curiosité touristique, il ne doit pas être difficile de trouver mieux.
Plus gênant à terme que cette machinerie aérienne qui pourra se démonter un jour ou l’autre, la dégradation du site lui-même. Champs et bois vont laisser placer à des cratères lunaires. Mais
surtout, la nappe phréatique, présente sous huit mètres de roche, sera mise au jour avec les risques de pollution que cela entraine. Elle sera aussi largement mise à contribution. Ce type
d’activité en consomme beaucoup.
Comme il question d’une production de deux mille tonnes jour, un tel volume justifie le transbordeur qui évitera d’en transporter 50% par la route. Traduisez : 1 000 tonnes le seront
par la route à l’aide de 40 poids lourds. Quel chemin ceux-ci emprunteront-ils à l’aller et au retour ? La voila la seconde menace potentielle pour la population des villages traversés.
Passeront-ils par Brignac et Canet ? Ils ne sont près de le faire. Déjà le conseil municipal de Brignac s’est prononcé à l’unanimité contre une telle perspective. Celui de Canet
également.
L’on mesure alors tout l’intérêt de la création en cours du collectif « Avenir de la vallée de l’Hérault ». Il regroupe déjà une douzaine d’associations de défense de l’environnement.
Il en comptera sans aucun doute d’autres. Il faudra bien que les populations se fassent entendre dans les centres de décision, qu’elles ne soient plus mises devant le fait accompli, pour ne pas
dire le fait du prince.