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Le 19 mars : un vain débat ?

Le 19 mars en question. Le 19 mars 1962 entrait en vigueur le cessez-feu officiel mettant fin au conflit franco-algérien. Aujourd’hui, cette date est contestée par un certain nombre d’associations patriotiques. De fait, elle est sujette à interprétations multiples. Pour les algériens c’est une victoire. Donc une défaite pour la France. A notre humble avis : autour d’un tapis vert.

Pour les habitants de ce pays, dont ceux qui l’ont quitté sous la contrainte, elle n’a aucune réelle signification. Car, les tueries se sont poursuivies bien au-delà du 4 juillet 1962, jour de l’indépendance algérienne, les soldats français contraints de rester l’arme au pied. 

La fédération nationale des Anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie la considère comme la seule qui convient pour rendre hommage à tous ceux, civils et militaires, tombés de 1952 à 1962 en Afrique du Nord. Sans avoir le moindre écho à Brignac.

Mais, déjà en 2003, le président de la République, en l’occurrence M. Jacques Chirac,  avait proposé que l’hommage aux victimes de ces conflits soit célébré le 5 décembre, jour de l’inauguration, l’année précédente, d’un mémorial en leur honneur.

Ce qui a amené le président de la FNACA à s’adresser à tous les maires de France pour rappeler, chiffres à  l’appui, que cette date du 19 mars a recueilli l’adhésion de Français dans leur ensemble à 90,7% lors du référendum du 8 avril 1962, également celle de 20 718 conseils municipaux de toutes sensibilités politiques, l’adoption, en 2002, par l’assemblée nationale d’une loi en ce sens, par 278 voix contre 204, confirmée à 86% par le résultat d’un sondage, en date des 1er et 2 février 2007.

Argument sensible avancé par M. Wladyslas Marek, président de la FNACA : « En refusant cette date, nous accréditerions l’idée fausse que notre armée aurait été vaincue militairement… » Les algériens en sont persuadés. Mais là n’est pas le problème.

La France, au cours de sa longue histoire, a connu nombre de conflits. Ses soldats et ses citoyens sont tombés sur  tous les continents. Elle ne célèbre plus Azincourt, ni Austerlitz… Les hommes qui se sont sacrifiés dans ces combats sont aujourd’hui oubliés. Comme le seront, un jour, ceux de 14-18, de la seconde guerre mondiale, de la guerre d’Indochine et des conflits qui ont abouti à l’indépendance des pays du Maghreb.

Ne vaudrait-il pas mieux convenir, une fois pour toutes, afin de mettre un terme à ce genre de débat, d’un jour férié voué à la mémoire de tous les hommes et de toutes les femmes, morts pour la France ou en son nom, quel qu’en soient le siècle et le lieu et la cause ?

Un jour sans réjouissances, dites populaires, mais vécu dans le recueillement et le respect envers ceux-là, dans leur célébration unanime. C’est peut-être beaucoup demander.

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