Partager l'article ! Gignac : Un mauvais coup pour la vallée: Les Gignacois n’auront pas fait appel en vain au Collectif de la Vallée de l’Hérault. Après le p ...
Les Gignacois n’auront pas fait appel en vain au Collectif de la Vallée de l’Hérault. Après le projet de centre déchets au beau milieu d’un secteur touristique, ils sont confrontés à une autre menace de leur environnement : le projet de voie de contournement par l’est du village. Un second courrier est parti très récemment sous pli recommandé à destination du Préfet de Région.
Cette voie doit relier l’A 750, depuis la sortie de Saint-Jean d’Aumières, à la RD 32 vers Aniane. Il ne suffit pas du saccage en cours de réalisation au col de la Taillade, véritable porte la vallée. Une saignée, après l’abattage de 250 platanes en pleine maturité, qui défigure désormais l’arrière-pays et l’accès aux gorges de l’Hérault.
« Contraire à la charte de Paysage de l’A 75 et concept de « Méridienne verte »… Il est temps de penser l’avenir autrement, tous ensemble.» L’interpellation du Préfet ne peut être plus claire.
Précisément le collectif rappelle les 4 tracés envisagés en 2007, l’absence de concertation avec les habitants ainsi qu’avec l’ensemble des
professionnels et associations, la discrétion autour d’une réunion tenue le 25 mai dernier pour présenter celui retenu.
Une rocade bruyante
L’option finalement prise : une rocade bordée de lissières de protection, à circulation rapide, donc bruyante, et franchissement des chemins communaux par des ponts et des passages
souterrains.
Un village à vocation touristique comme Gignac mérite un aménagement « plus doux », une route départementale, bordée d’arbres, à vitesse de circulation limitée, rythmée par deux ou trois ronds points, donc intégrée au paysage.
Une desserte de cette qualité permettrait un développement harmonieux du village dans sa partie est. Elle éviterait surtout la prise en tenaille entre les barrières que constituent le fleuve, l’A 750 et une nouvelle rocade.
A l’appui, le collectif rappelle que le domaine de Rieussec, inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, ses façades, ses toitures, ses terrasses, le parc, le jardin et les sources sont protégées par la loi du 13 décembre 1913. Le projet ne tient pas compte du périmètre de protection, à savoir un rayon de 500 mètres.
Le dit tracé sera également visible de la chapelle romane (XI ème siècle) de Saint-Martin de
Carcarès, sur le chemin secondaire de Saint-Jacques de Compostelle en direction de Saint-Guilhem le désert.
Recouvrir le canal de Gignac !
Autre argument à l’encontre, cette fois ,du 2ème tracé envisagé, qui traverse une zone agricole : le schéma d’aménagement et de gestion des eaux interdit toute construction le
long d’une rivière telle que le ruisseau du Rieussec. Celui-ci génère une zone inondable qui fragilise les terres concernées, avec un effet de ricochet sur l’autre rive des risques
d’éboulement.
En outre la source du domaine de Rieussec, très ancienne et inscrite à l’inventaire général du patrimoine départemental des ressources en eau, serait très affectée dans ses circuits
naturels.
Ce même tracé n°2 recouvrirait sur plusieurs centaines de mètres le canal de Gignac. Cet ouvrage historique remarquable, structure hydraulique rare et exceptionnelle depuis les années 1880, irrigue une vingtaine de communes. La charte dont il est doté constitue la base d’une réflexion sur les mutations possibles de l’agriculture.
Sur ce point également, le collectif demande à l’autorité de l’Etat d’ouvrir un dossier de protection au titre des monuments
historiques.
Une barrière infranchissable
Enfin dernier volet du plaidoyer : le RD 32, dit « chemin des Armillières », transformé en rocade, constituera une barrière infranchissable aux promeneurs, habitants et touristes,
les coupant de leur environnement er du centre de la localité. Il en sera de même pour les engins agricoles, sur la voie principale de desserte des vignes du secteur.
Ce secteur, classé « zone agricole protégée » par le PLU de la commune, comprend les grands domaines de renom : Daumas-Gassac, Château de Capion, la Grange des Pères, le Mas des Armes ou encore le domaine Saint-Dominique.
« Il n’est que temps, conclut le collectif, de revenir à des choix plus raisonnables préservant les paysages et territoires pour l’avenir ».