Chaque réunion du collectif des associations de l’environnement de la vallée de l’Hérault voit surgir un nouveau sujet de lutte. A Gignac, où se sont retrouvés dernièrement ses responsables, parmi la dizaine de points inscrits à l’ordre du jour, il a été question, en premier lieu, de la « charte de l’arbre ».
Et l’on peut se demander, avant de s’intéresser à la communication faite par M. Nicolas Saulnier, au nom de la Ligue de protection des oiseaux sur ce projet, si ce collectif ne se « disperse » pas de trop. Or, en fait, il y a cohérence entre toutes les préoccupations dont il a fait état depuis sa création voici un an et les initiatives déjà prises.
Car, leur dénominateur commun résulte de la difficulté actuelle à maitriser la gestion du territoire. Depuis plus de 10 ans, on assiste à un afflux continu de population dans la moyenne vallée de l’Hérault. Et l’enjeu de cette évolution est un espace vital de plus en plus disputé.
D’un coté le développement de lotissements, parallèlement à l’allongement des réseaux autoroutiers et routiers, de l’autre l’implantation indispensable de centres de déchets ou encore des extensions de carrières, le tout à travers des projets envisagés parfois au mépris des lois et règlements et même des décisions de justice, ainsi que du paysage et de sa biodiversité. Ce qui se traduit par des voisinages difficiles.
Ainsi, l’arbre, élément essentiel de notre environnement, fait, lui aussi, les frais de ce dilemme. 250 platanes routiers ont été abattus au mas de Ratte, à Saint-Félix de Lodez, Saint-André de Sangonis, Pouzols et l’on demande, en vain, la raison de ce véritable massacre à la tronçonneuse. Ce qui risque de se produire également entre Brignac et Clermont l’Hérault.
Et, ce sans information préalable des élus municipaux, ni concertation avec les populations. Or, certains alignements sont de véritables monuments historiques, sans parler de l’impact bénéfique de leur ombre sur la température de la région en été, de leur rôle d’abri pour les oiseaux, de leur fonction paysagère.
Les « raisons » avancées pour justifier ces destructions ne manquent pas : la sécurité tout d’abord ! Et les rails de sécurité ? Ah oui, dangereux pour les motards. Comme si on ne pouvait concevoir un élément supplémentaire pour en masquer les pieds de supports. Il y a aussi la maladie ! Après les avoir laissés dépérir sans s’en être préoccupé pendant des années. L’entretien, ça coute !
Il est donc plus simple de faire des coupes rases. Or, la suppression des arbres, provoquée non seulement le long des routes, mais aussi pour développer lotissements et zones d’activités de toutes sortes, se traduira à terme, ici comme déjà ailleurs, par un désert aride et brûlant.
Aussi, le collectif des associations a adressé un courrier de plus au préfet de région pour attirer, cette fois, son attention sur le fait que la présence des arbres fait partie intégrante de la qualité du cadre de vie.
En conclusion, il se réserve la possibilité de porter plainte auprès des tribunaux et de la Commission européenne afin de faire respecter les réglementations en vigueur, si nécessaire.
Pour être complet, il faut dire que le collectif ne partage pas totalement le point des initiateurs de la « charte de l’arbre » proposée. En effet, il y est envisagé la création de zones « protégées ». C’est dire en contrepoint, que dans les autres tout sera permis. Le collectif fait toutes réserves à ce sujet. L’arbre doit être protégé où il se trouve.
Après une première réunion générale, les 24 et 25 mars derniers, le projet « Valcordia » va faire l’objet de séances de travail de groupe. La première d’entre elles se tiendra, mardi 4 mai de 9h à 11h, au lycée agricole de Gignac. Elle intéresse le groupe 2, chargé d’élaborer le schéma directeur opérationnel de la « Coulée verte », entre le seuil de Carabotte et celui de Belarga.
Ce groupe, dit « rive droite, rive gauche » (sous entendu : du fleuve Hérault et de ses affluents) est constitué des maires d’Aspiran, Brignac, Canet, Le Pouget, Pouzols, Saint-André de Sangonis et Tressan. A leur ordre du jour : les stratégies globales inter-rives pouvant être envisagées.
Citons entre autres :
- l’avenir de l’agriculture face à l’arrivée continue d’une population de néo-ruraux, l’urbanisation conséquente, la satisfaction de nouveaux besoins, la prise en compte de nouveaux comportements étrangers à la terre et à ses métiers
-les loisirs et l’environnement, domaines auxquels une vision globale de l’offre et une communication partagée permettraient une meilleure lisibilité et attractivité pour les locaux et les touristes.
-l’intérêt et les moyens pour la collectivité de se porter acquéreur d’une bande de terrain limitrophe le long de l’Hérault, l’entretien de ses rives par un corps de « cantonniers » du fleuve, tel que l’a suggéré Henri Jurquet lors de la 1ère réunion, voire la création de « cheminements doux », leur maillage inter-villages et leur liaison inter-rives.
-l’opportunité de créer des « poches d’eaux » dans les anciennes carrières, avec un triple objectif : répondre aux besoins de l’agriculture, d’amortir les caprices du fleuve tout en diversifiant les activités de loisir et, enfin, de servir de zones d’expérimentation pour la biodiversité, à l’image de l’étang de la Prade.
Pour mémoire notons que quatre domaines d’intervention seront à matérialiser ensuite à travers ce schéma directeur : les infrastructures, la gestion foncière, la production agricole « Cœur d’Hérault » et le domaine des Trois fontaines.
Dans une précédente page consacrée à l’action des associations groupées au sein du collectif de la vallée de l’Hérault, il avait été question de la « non-réponse » du Préfet de Région au recours gracieux, à lui adressé le 8 décembre 2009, à propos du barrage de la Carabotte sur le fleuve.
Rappelons qu’un premier jugement avait été rendu par le tribunal administratif de Montpellier le 23 juin 1999. Cette décision avait été confirmée par la cour d’appel de la Cour Administrative de Marseille, le 19 avril 2004. Donc elle était devenue immédiatement applicable. Mais, jusqu’à ce jour elle est restée lettre morte !
Devant ce nouveau silence de l’autorité préfectorale, et avec l’appui des autres associations du collectif, l’APNEE a saisi, à nouveau, le Tribunal administratif de Montpellier d’une requête.
Le président de l’APNEE demande aux magistrats de juger recevable le recours adressé, de demander au Préfet de mettre en œuvre à l'égard de la SATENE les pouvoirs qu'il détient et de communiquer au Tribunal la copie des actes justifiant les mesures prises pour exécuter la décision à intervenir.
En 1999, le tribunal a considéré que :
-La présence du barrage et de la microcentrale hydro-électrique présente des dangers certains pour les personnes, les biens et le milieu rural
-Ces installations sont à l’origine, par leur présence et leur inadaptation technique, de fortes érosions des berges, détruisant partiellement plusieurs propriétés privées riveraines ainsi qu’un chemin de desserte
-cet édifice industriel en béton, obstacle artificiel à l’écoulement des eaux du fleuve, a provoqué une érosion progressive du lit de celui-ci, mis en péril par effet induit le seuil dit des « Aurelles » et les fondations du pont de Gignac
- cet ouvrage a été réalisé sans aucune mesure propre à assurer la libre circulation de la faune aquatique et, ceci, malgré les prescriptions notifiées par l’administration préfectorale.
En conclusion, APNEE demande le démantèlement des installations dans les meilleurs délais et de mettre ainsi le terme à un mépris des décisions administratives et juridiques, à l’encontre de l’évident intérêt général.
Que dire de plus ? Simplement : 2 morts par noyade en 2009 et une surtension en ce printemps 2010 qui a provoqué des dégâts matériels dans plus d’une centaine d’habitations de St-André de Sangonis.
Et ? Que d’EDF devrait se montrer plus soucieux des conditions dans lesquelles certains fournisseurs produisent de l’électricité et l’en approvisionnent.
Mais encore ? Qu’une autre association, l’ASPEC a envoyé, le 2 avril dernier, un courrier au Ministre de la Justice au sujet de ce déni de justice. Qu’elle va également interpeller le Ministre de l’industrie de ce mépris des textes réglementaires.
Devant la « discrétion » actuelle des autorités de tutelle, le collectif des associations de défense de l’environnement de la vallée de l’Hérault reste vigilant et actif. Sept « lièvres » ont été levés depuis sa constitution. Certes, un proverbe dit qu’il ne faut pas courir derrière plusieurs à la fois. Mais dans ce cas, il y a plusieurs traqueurs » de passe-droits, de non-respect des réglementations, voire de décision de justice.
Deux dossiers concernent les carrières de Saint-André de Sangonis, et cinq autres la seule commune de Gignac. A chaque réunion du collectif, le point est fait sur chacun d’eux et des initiatives prises pour relancer telle ou telle démarche.
Ainsi, lors de la dernière réunion tenue à Canet fin mars, les responsables des diverses associations, dont « Vivre à Brignac », ont décidé l’envoi de deux courriers.
Le premier à l’adresse du préfet de Région concerne la modification du PLU de la commune de Saint-André de Sangonis. Le conseil municipal a pris, le 8 février dernier, une délibération modifiant le statut de deux parcelles le long de l’Hérault, c’est-à-dire les a déclarées constructibles dans une zone… inconstructible parce qu’inondable.
L’objectif de ce déclassement est de permettre à la société Leygue d’implanter un poteau de soutien d’un transbordeur et de permettre le passage du convoyeur nécessaire à l’extension des carrières.
Or, il s’avère que les documents joints à ce projet et soumis au vote des élus Saint-Andréens ne mentionnent aucunement les limites du périmètre de la dite zone inondable et encore moins le fait qu’elle est incluse dans celle de Natura 2000.
« Ces documents ne reflètent pas l’exacte réalité du problème » affirment les signataires du courrier qui demandent au Préfet de Région : « Nous voulons savoir si les parcelles concernées (653 et 618) au lieu-dit « Chemin de Ferrat » peuvent changer ainsi de statut par le biais de ce vote. »
Réponse effectivement intéressante à connaitre, d’autant qu’en 2004, une étude à propos des sites sensibles, dont celui de Saint-André de Saint-André de Sangonis, a été réalisée par l’association « Terres demain » et cofinancée par le Conseil Général de l’Hérault et la Communauté de Communes de la vallée de l’Hérault, à hauteur respectivement de 45 000 et 14 500 €.
Classer le canal de Gignac
La seconde missive a été envoyée au conservateur des Monuments historiques du Languedoc-Roussillon. Elle lui demande une étude sur le classement à l’inventaire du canal de Gignac. En effet, il est question de couvrir ce canal en partie à hauteur du domaine de Rieussec, lui-même inscrit au dit inventaire. La raison en est la rocade envisagée pour le contournement par l’est du village.
Cet ouvrage date du XIXème siècle. Il remplit plusieurs fonctions : agricole, environnementale, paysagère, architecturale, à l’instar du canal de Carponne en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui a fait l’objet d’une telle mesure de conservation. Et les signataires de préciser :
« Nous attirons votre attention, notamment sur ses ouvrages d'art et ses dispositifs techniques (barrages et prises d'eau, canaux, rigoles, partiteurs...) indispensables à son fonctionnement à l'air libre et au maintien de la biodiversité, des paysages irrigués et des ripisylves qui lui sont liés.
« La ligue de Protection des Oiseaux insiste sur la conservation des écoulements gravitaires de surface, qu'il a toujours générés depuis sa création au milieu du XIXème siècle. Car, elle est la condition du maintien d'une faune riche et abondante dans cette partie des territoires de l'Hérault. »
Carabotte : appel au Ministre de la Justice
Du fleuve Hérault, il en est également question dans la lettre adressée au Ministre de la Justice part le Président de l’ASPEC, association partie prenante du collectif. Ce dernier demande le respect de la loi et de la chose jugée. En l’occurrence le jugement du tribunal administratif de Montpellier en date du 23 juin 1999 qui a déclaré illégal le barrage hydro-électrique de la Carabotte.
Cet ouvrage est toujours en service. Sans la moindre des modifications prescrites malgré sa dangerosité. Rappelons la double noyade, au cours de l’été 2009, d’un enfant et d’un adulte qui s’était porté à son secours, entrainés tous deux par le remous en aval de la station.
Par ailleurs, certains s’interrogent sur l'origine de l’incident qui s’est produit, le 11 mars dernier, dans ce secteur de Saint-André : une surtension soudaine sur le réseau électrique a provoqué la mise hors service d’un certain nombre d’appareils ménagers, congélateurs, téléviseurs, lecteurs de DVD, ordinateurs, etc.…
On a prétexté la chute d’arbres sur une ligne électrique, puis une mauvaise manipulation. En fait, on a constaté que l’essentiel des dégâts se situe au sud du village, autour de la station d’épuration, en bordure de l’Hérault. Mais, surtout, ce qui intrigue c’est la discrétion qui a entouré l’événement.
De ce mardi 23 mars jusqu’au jeudi 25, les élus du Cœur d’Hérault ont rendez-vous à Gignac. Durant ces trois journées, ils se retrouveront au lycée agricole. Il s’agit pour eux d’entamer la deuxième phase du projet « Valcordia », dont le sous-titre précise l’objectif : un nouvel art de vivre en Coeur d’Hérault.
Cinq groupes de travail vont plancher à partir du document élaboré au cours de la 1ère phrase par le cabinet d’études JP Lavail conseils avec l’appui du cabinet d’urbanisme « Groupe 6 », à savoir le programme et l’organisation de référence pour le développement et l’aménagement de la vallée de l’Hérault entre le Pont du Diable et Usclas d’Hérault.
Ce travail a permis de montrer que les enjeux du territoire pouvaient se structurer autour de trois grandes séquences territoriales:
*Pont du Diable-Barrage de la Meuse dont les enjeux sont liés à la filière du tourisme dans une recherche de complémentarité et de circulation entre les deux rives du fleuve depuis St-Guilhem le désert jusqu’à Gignac.
*Barrage de la Meuse-Belarga dont les siens sont liés au développement urbain, aux mutations induites en terme de population et d’habitat, ainsi qu’à l’accroissement des besoins de loisirs et de mobilité
*Belarga-Usclas d’Hérault, c'est-à-dire l’entrée dans la plaine de l’Hérault avec les questions de l’évolution des surfaces viticoles, les solutions alternatives à la vigne, et l’intérêt croissant pour les éco-productions.
Le but de cette deuxième phase est la définition d’un schéma directeur opérationnel. Pour cela cinq ateliers réuniront élus et acteurs de terrain :
Groupe 1 : espaces urbanisés, nouveaux usages, nouvelles pratiques
Groupe 2 : quelle place pour l’agriculture péri-urbaine ?
Groupe 3 : filière agricole en plaine et fleuve Hérault
Groupe 4 : place du fleuve dans l’offre « tourisme et loisirs »
Groupe 5 : offre de loisirs entre la base de pêche de Pouzols, les plages de Canet et Belarga, le domaine des trois fontaines et l’étang de la Prade.
Par deux fois, le 17 avril et le 8 juin 2009, le conseil municipal a exprimé son opposition aux deux projets de carrières sollicités par les sociétés Solag et Leygues sur des terrains de la commune de Saint-André de Sangonis, en limite de celles de Brignac et de Canet.
En appui de l’action du collectif des associations de défense de l’environnement de la vallée de l’Hérault, le maire de Brignac a tout d’abord adressé un courrier, en janvier 2010, au préfet de Région pour souligner la contradiction entre de tels chantiers qui affecteront gravement et de façon irrémédiable le paysage et l’écosystème du fleuve Hérault et de son affluent, la Lergue, dans sa partie basse. Ceux-ci s’en trouveront définitivement défigurés.
« Peut-on parler au Conseil Général de l’Hérault de « coulée verte», initiée par le programme « Valcordia » et, dans le même temps,autoriser le bouleversement de ces mêmes lieux ? ». Henri Jurquet pose par là-même la question fondamentale : « Qui veut faire à tout prix du Cœur d’Hérault un dépotoir ? »
De rappeler que, dans un passé récent, les habitants de Brignac et de Canet ont fait échec à un projet d’implantation d’un centre régional de traitement des boues urbaines aux portes des deux communes. D’évoquer également la tentative actuelle de développer un dépôt de déchets inertes sur la commune de Gignac, dans la perspective de la Taillade. Et de conclure par la même interrogation, mais formulée autrement :
« Pourquoi recherche-t-on pour de telles activités, certes indispensables, des sites aussi « exposés » dans une vallée dont on vante la vocation touristique au débouché sud du massif central ? ».
Le maire de Brignac a posée la même question au Ministre de l’écologie. Dans sa réponse, le directeur du cabinet de M. Jean-Louis Borloo vient d’informer, en ce début mars, Henri Jurquet que le dossier sera examiné le plus rapidement possible et que les services compétents en sont déjà saisis. A suivre donc.
« Oui » au Label « Grand site de France »
Autre information ; encourageante celle-là : la commission départementale des Sites et Paysages a donné, le 18 février dernier, un avis favorable à ce que Saint-Guilhem-le-désert et le Pont du diable, site classé sur les chemins de Compostelle, obtienne le label de « Grand site de France. Elle a ainsi répondu favorablement à la demande formulée par la Communauté de Communes de la Vallée de l’Hérault.
Dans l’éditorial du dernier bulletin municipal de Gignac, le maire de cette commune, M. Jean Marcel Jover annonce la fermeture définitive du dépôt de déchets inertes du « Trotoscot ». L’action du collectif de la vallée de l’Hérault a donc porté. (1)
Le premier magistrat gignacois ne peut taire sa déception : « Notre conte s’achève tristement… » Écrit-il.
Laissons le donc… conter : « Il était une fois un centre de dépôt d’inertes recevant gratuitement les matériaux provenant de démolitions ou déblais de terre issus des différents travaux réalisés sur la commune par des entrepreneurs locaux… à la satisfaction des utilisateurs et des riverains… Son extension envisagée suite à l’acquisition de parcelles incultes à un viticulteur faisant valoir ses droits à la retraite était matériellement acquise… »
Une façon de présenter une réalité moins idyllique. Les dites parcelles ont été acquises par la commune à la barbe d’un autre exploitant qui souhaitait agrandir sa plantation de chênes truffiers, au prétexte de « la sauvegarde de la qualité du lieu, du milieu naturel, du paysage et de son intérêt notamment du point de vue esthétique… »
Une forme d’humour aussi quand le premier magistrat de Gignac ajoute : « La volonté de la commune, dans le cadre d’un transfert de compétence au syndicat Centre-Hérault, avait pour simple objectif la mise en place d’un gardiennage, d’une clôture efficace et la réhabilitation du centre de stockage dans le respect des règles environnementales… »
C’est faire l’impasse sur le changement de dimension du dépôt, de son inévitable impact précisément sur l’environnement et le paysage, sur le trafic de camions généré dans la traversée du village.
Si le maire de Gignac a pris cette décision c’est surtout pour éviter une procédure devant le tribunal administratif à l’initiative du Collectif et , si possible, l’obligation de remettre les lieux en état, c’est-à-dire une facture de 45 000 €, d’après les devis sollicités par ses services auprès de différentes entreprises. Sur ce dernier point, il n’est pas acquis qu’il puisse épargner au contribuable local cette « rallonge ».
Désormais, les entreprises devront transporter leurs déchets inertes vers Aspiran ou Lodève. Et le maire de Gignac de souhaiter « de tout cœur que cette mesure ne se traduise pas par des dépôts sauvages. ..»
Au cas où certains n’en auraient pas eu l’idée ?
(1) Confer notre page en date du 30 décembre 2009 sous le titre " Un mauvais coup pour la vallée"Confirmation officielle a été donnée, hier, à l’information publiée dans une page précédente à propos des projets d’extension des carrières de Saint-André de Sangonis : le préfet de région a pris, le 11 février dernier, un arrêté afin de prolonger le délai d’instruction du dossier.
Il demande à ses services d’entendre toutes les personnes et organisations concernées par les conséquences de ces demandes. Voila qui met un terme à la rumeur faisant accroire que la cause était d’ores et déjà entendue.
Rappelons que, de son coté, le sous-préfet de Lodève a fait droit à l’objection soulevée par le collectif au sujet de l’extension de la décharge d’inertes de Gignac. La mairie de cette commune et le syndicat Centre-Hérault devront attendre dix ans avant de pouvoir reposer le problème. La parcelle concernée avait été préemptée par la commune en vue de sa réhabilitation en tant qu’espace vert, donc dans un but totalement opposé !
Le collectif attend maintenant réponse à la raison de l’implantation d’un panneau publicitaire aux abords du tracé de l’A 750, sur la commune de Gignac. La mairie de cette commune a transmis ce courrier l’antenne de la D.I.R. à Lodève, compétente dans cette affaire.
Enfin, la Commission des SItes (CDSP) a donné, hier, un avis favorable à la demande du « Label Grand Site » pour le Site Classé du Pont du Diable. Le dossier va passer en Commission Supérieure (CNSSP) en Avril prochain. Ce dossier fera également partie de l’ordre du jour de la prochaine réunion du collectif.
Le conseil municipal de Saint-André de Sangonis a décidé, lors de sa dernière réunion publique, la révision du PLU. Il entend ainsi déclasser deux parcelles. Ce qui, selon lui, permettrait l’implantation des pylônes supportant le convoyeur devant relier la future carrière, que la SOLAG souhaite exploiter, au centre de traitement situé au-delà du fleuve.
Problème : toute construction est interdite sur ce site, non pas en raison du PLU mais de l’instabilité du sol inondable, donc inconstructible. C’est ce que le collectif des associations de défense de l’environnement a relevé.
Aussi, le Préfet de Région a décidé le report de sa décision, en attendant la conclusion de l’enquête menée par services. Contrairement à ce que certains affirment, rien n’est encore décidé.
De son coté, Le sous-préfet de Lodève a refusé de valider la délibération du conseil municipal de Gignac à propos de l’extension du dépôt d’inertes au « Trotoscot ». Il en a exclu la parcelle de 1h15 préemptée par la commune dans un but totalement opposé à sa nouvelle destination. La municipalité devra attendre 10 ans avant de pouvoir reposer la question, en application du droit des espaces naturels.
Ce qui toutefois ne remet pas en cause le maintien du centre d’inertes, à propos duquel la commune de Gignac envisage un bail emphytéotique de 33 ans avec le syndicat Centre Hérault.
En outre deux courriers ont été adressés par le collectif : l’un au préfet de Région pour lui préciser que le collectif n’a pas déposé de plainte à propos de la décharge d’inertes de Gignac. Il a posé le problème de l’impact négatif du projet sur un espace naturel sensible. Il lui demande que ses services tiennent compte des articles R541-65 et suivants du code de l’environnement lors de la demande d’autorisation d’exploitation du dit site.
Le second message a été envoyé au maire de Gignac pour lui demander l’enlèvement du panneau publicitaire implanté en toute illégalité à proximité de l’A 750. Celui-ci a précisé dans sa réponse, qu’il l’avait transmis à l’antenne de la D.I.R. du massif central à Lodève. Le responsable de cette unité devra donc préciser la raison de cette implantation publicitaire visible depuis un autoroute.
Enfin, le recours gracieux intenté contre concernant le seuil de Carabotte déposé le 10 décembre 2009 étant resté deux mois sans réponse, le collectif va donc en appeler au Ministre de l’environnement.
Le collectif des associations de défense de l’environnement « Avenir de la vallée de l’Hérault », par sa vigilance et sa réactivité, par sa démarche citoyenne, par le sérieux des dossiers qu’il constitue, les audiences qu’il sollicite, les arguments qu’il avance.., est train de s’affirmer comme un interlocuteur valable auprès des autorités. Il démontre par là même la vivacité de la société civile dans la vallée.
Cela veut dire également qu’il ne manquera pas d’irriter les responsables de certaines collectivités locales, qu’il apparaitra aux yeux de certains comme un gêneur... En effet, il relève souvent des infractions graves à la législation, des passe-droits dans les procédures, ou plus simplement, il apprend aux décisionnaires qu’il existe telle ou telle directive, règlement ou jurisprudence qu'ils ne peuvent pas négliger... qu’ils ne peuvent donc pas faire ce qu’ils veulent.
Ceux-là doivent également admettre qu’il est normal que la « société civile »
offre sa vigilance et son expertise d’usage, en soutien aux institutions et à leurs représentants. Ceci dans une pratique démocratique de la vie publique.
La mutualisation des actions
Un des atouts du collectif est sa souplesse de fonctionnement. Les responsables des associations concernées se retrouvent en fonction des sujets à
traiter et des échelles des approches utiles. Et, de fait, lors de la dernière réunion tenue, vendredi dernier, à nouveau à Canet, les responsables des associations présentes, dont « Vivre à
Brignac », ont enregistré avec intérêt les approches enregistrées de la part de plusieurs groupements et personnalités. La perspective de nouveaux partenaires va permettre d’élargir encore
le territoire étudié et d’accroître la mutualisation des actions et des résultats.
Une place dans les instances communautaires
Cette réunion a permis de faire le point des actions en cours. Après avoir été reçue par le préfet de Région, le sous préfet de Lodève, le député de la circonscription, une délégation du
collectif a rencontré, le 22 janvier, M. Louis Villaret, conseiller général et président de la Communauté de Communes de la Vallée de l’Hérault.
Deux dossiers, le site du « Pont du diable », ses formes d’administration et son devenir si le LABEL GRAND SITE est accordé et le rôle du Canal de Gignac (patrimoine du XIXème siècle) dans la conservation des milieux naturels et des paysages de la moyenne vallée, ont permis un échange d’informations très fructueux.
« Nous restons vigilants » ont conclu les participants à la réunion qui souhaitent que les associations qu'il regroupe aient toute leur place au sein des débats des instances communautaires et que le collectif y soit représenté.
IL est indispensable que les décisions soient prises après une diffusion de l'information vers le public et les associations, à l'amont des débats d'orientation et des projets étudiés.
Lors de cette rencontre avec le Président Villaret il a été aussi question du contournement Est de Gignac à partir de la sortie de l'A750 à St Jean d'Aumière (tracé préférentiel, type d'aménagement de qualité..) ainsi que du projet de dépôt d’inertes dans un espace très contestable, car « sensible », très visible dans le paysage et générateur potentiel de nuisances de flux.
Il a été, à nouveau, question du paysage de Gignac, lors de la dernière réunion du collectif à Canet.
Démenti des rumeurs
Enfin, les projets de carrières sur le territoire de Saint-André ont été évoqués, pour démentir certaines rumeurs laissant complaisamment entendre que tout était « joué » en
Préfecture.
Le collectif rappelle que des « terrains inconstructibles au titre des Zones Inondables dans le lit majeur d'un fleuve (PPRI) ne peuvent le redevenir par « une simple révision du PLU ». En effet, l'exposition au risque d'inondation demeure entière et empêche juridiquement leur changement d'affectation et leur occupation par des constructions.
A suivre donc...