Nous serions nous mal exprimés ? Possible, alors que nous n’avons pas changé d’avis à propos de la Salamane et de la défense de notre environnement. Nous avons été les premiers en 2007, avec nos amis de Canet, à partir en campagne contre le projet calamiteux de la Saur. Vous ne voyez pas de quoi il s’agissait ?
Une unité régionale de centralisation et de traitement des boues de stations d’épuration, avec en contrepartie 4 emplois plus que basiques, l’afflux de camions nauséabonds, la présence permanente de longues et hautes lignes de « compost » à l’air libre, noires, fumantes, nauséeuses, ou dit plus crument une usine …à merde, là précisément où s’étendra la future ZAC.
Par contre, nous n’avons jamais été opposés au principe de cette ZAC, susceptible de drainer des entreprises et des emplois vers notre région.
Dès l’ouverture de ce blog, nous avons attiré l’attention sur ce triangle stratégique constitué par l’A 75 vers Béziers et sa bretelle l’A 750 vers Montpellier, dont la base est la ligne Nébian- Brignac-Saint-André de Sangonis. Question de réalisme. Quand on dispose d’un atout, il faut savoir en user à bon escient.
C’est pourquoi, nous ne partageons pas la position d’opposition systématique à ce projet de ZAC. Car, nous n’avons pas été obnubilés par l’arbre qui a caché la forêt, en l’occurrence l’entrepôt de « Système U ». L’intérêt de la ZAC va bien au-delà de cette implantation contestée.
Un problème de communication
C’est pour cette même raison que nous avons parlé, dans une précédente page, de problème de communication. Le mal est fait à ce propos. Nous aurions mauvaise grâce d’accuser quiconque. Mettons ce déficit du message sur l’inexpérience.
Nous aussi, dès le départ, nous avons formulé des réserves au sujet « du projet dans le projet » : le bâtiment lui-même de « Système U », un « monstre », disproportionné dans le paysage, au cœur de la vallée dont on veut dans le même temps renforcer sa vocation touristique.
Avant qu’il se fonde dans la perspective, les poules auront peut-être des dents, mais dans 20 ans, la durée du contrat envisagé avec la Communauté du Clermontais, nous en doutons. Même si les arbres de haute futaie promis à l’entour auront poussé.
Nous n’avons pas manqué de souligner également le trafic autoroutier que cette présence va susciter, les nuisances qui s’attachent au va et vient quotidien de quelques 200 camions, mais aussi les activités subséquentes suscitées par ce seul phénomène : station service, garage de réparation, restauration, voire hôtel, etc … en fait marginales au regard de ce que la ZAC sera susceptible d’attirer, par ailleurs, comme entreprises.
Plus inquiétant est le fait que l’établissement sera classé « Seveso », donc potentiellement dangereux en raison des quantités et de la nature d’une partie des produits qui transiteront en ce lieu. Comme toujours, un tel « détail » a du être débusqué pour qu’il en soit question !
Que se passera-t-il si, par malheur, une explosion se produit au milieu de 600 tonnes de produits inflammables ? Ce n’est pas le premier dépôt de ce type. Comment s’y est-on pris ailleurs pour en assurer la sécurité ? Y-a-t-il eu déjà des incidents ? De quels types ? Quelles ont été les parades ? Les enseignements ? Quelles dispositions ont été adoptées pour parer à un éventuel coup dur ?
Un projet plus ambitieux occulté
Questions de communication encore et toujours. On n’a fait que parler de « Système U ». Ce qui a occulté, jusque là, le reste du projet bien plus ambitieux. Aussi, de ces inconvénients évoqués ci-avant, il faudra tirer avantage. Il n’y a pas d’autre voie pour les élus que cette « vigilance ».
La centrale régionale de « Système U » occupera 20 ha (198 096 m2, soit 39 parcelles actuelles, majorés de 10 663 m2 résultant du déclassement des RD 26,27 et 28). Le permis de construire a été délivré le 29 juin 2011 par le maire de Clermont-l’Hérault pour l’édification d’un entrepôt (avec bureaux) de 64 478.56 m2.
Mais, la ZAC couvrira une surface totale de 70 ha. Elle comportera deux accès et dans un premier temps, une voie de desserte pour 30 autres ha, constitués d’ilots de différentes tailles, les grands d’une profondeur de 100 à 130 mètres et les petits de 50 à 60 m. Leur largeur sera fonction des besoins des entreprises postulantes. Il y est prévu la construction de 250 000 m2 de bâtiments.
La communauté du Clermontais consacrera peut-être plus que les 17 millions d’euros prévus pour le financement des acquisitions, des études, des travaux de viabilisation et les frais annexes (intérêts financiers , redevances archéologiques, etc. ...).
Ainsi, elle a établi un programme d’équipements publics (voirie, réseaux divers et ouvrages hydrauliques). Dans ce cadre, elle a déjà conclu une convention cadre avec ERDF pour l’alimentation électrique de la zone, une autre avec la BRL pour le rétablissement de son réseau.
Un investissement à long terme, car les retombées n’en ne seront pas immédiates. Le développement de la zone se fera dans la durée, comme cela fut le cas pour celle des Tanes basses. Aujourd’hui, nul ne conteste l’intérêt de cette première aire commerciale qui a donné une autre dimension au chef lieu de la Communauté d Clermontais. Avec celle de la Salamane, c’est l’agglomération du Grand Clermont-l’Hérault de demain qui s’esquisse.
Il faut donc continuer à se montrer vigilant et exigeant pour la protection des populations voisines et de leur environnement. Dès aujourd’hui, les élus seront jugés sur ces critères principalement.