Partager l'article ! L'arbre menacé dans la vallée: Chaque réunion du collectif des associations de l’environnement de la vallée de l’Hérault voit ...
Chaque réunion du collectif des associations de l’environnement de la vallée de l’Hérault voit surgir un nouveau sujet de lutte. A Gignac, où se sont retrouvés dernièrement ses responsables, parmi la dizaine de points inscrits à l’ordre du jour, il a été question, en premier lieu, de la « charte de l’arbre ».
Et l’on peut se demander, avant de s’intéresser à la communication faite par M. Nicolas Saulnier, au nom de la Ligue de protection des oiseaux sur ce projet, si ce collectif ne se « disperse » pas de trop. Or, en fait, il y a cohérence entre toutes les préoccupations dont il a fait état depuis sa création voici un an et les initiatives déjà prises.
Car, leur dénominateur commun résulte de la difficulté actuelle à maitriser la gestion du territoire. Depuis plus de 10 ans, on assiste à un afflux continu de population dans la moyenne vallée de l’Hérault. Et l’enjeu de cette évolution est un espace vital de plus en plus disputé.
D’un coté le développement de lotissements, parallèlement à l’allongement des réseaux autoroutiers et routiers, de l’autre l’implantation indispensable de centres de déchets ou encore des extensions de carrières, le tout à travers des projets envisagés parfois au mépris des lois et règlements et même des décisions de justice, ainsi que du paysage et de sa biodiversité. Ce qui se traduit par des voisinages difficiles.
Ainsi, l’arbre, élément essentiel de notre environnement, fait, lui aussi, les frais de ce dilemme. 250 platanes routiers ont été abattus au mas de Ratte, à Saint-Félix de Lodez, Saint-André de Sangonis, Pouzols et l’on demande, en vain, la raison de ce véritable massacre à la tronçonneuse. Ce qui risque de se produire également entre Brignac et Clermont l’Hérault.
Et, ce sans information préalable des élus municipaux, ni concertation avec les populations. Or, certains alignements sont de véritables monuments historiques, sans parler de l’impact bénéfique de leur ombre sur la température de la région en été, de leur rôle d’abri pour les oiseaux, de leur fonction paysagère.
Les « raisons » avancées pour justifier ces destructions ne manquent pas : la sécurité tout d’abord ! Et les rails de sécurité ? Ah oui, dangereux pour les motards. Comme si on ne pouvait concevoir un élément supplémentaire pour en masquer les pieds de supports. Il y a aussi la maladie ! Après les avoir laissés dépérir sans s’en être préoccupé pendant des années. L’entretien, ça coute !
Il est donc plus simple de faire des coupes rases. Or, la suppression des arbres, provoquée non seulement le long des routes, mais aussi pour développer lotissements et zones d’activités de toutes sortes, se traduira à terme, ici comme déjà ailleurs, par un désert aride et brûlant.
Aussi, le collectif des associations a adressé un courrier de plus au préfet de région pour attirer, cette fois, son attention sur le fait que la présence des arbres fait partie intégrante de la qualité du cadre de vie.
En conclusion, il se réserve la possibilité de porter plainte auprès des tribunaux et de la Commission européenne afin de faire respecter les réglementations en vigueur, si nécessaire.
Pour être complet, il faut dire que le collectif ne partage pas totalement le point des initiateurs de la « charte de l’arbre » proposée. En effet, il y est envisagé la création de zones « protégées ». C’est dire en contrepoint, que dans les autres tout sera permis. Le collectif fait toutes réserves à ce sujet. L’arbre doit être protégé où il se trouve.