Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /Fév /2010 10:16

Une salle glaciale, chauffage en panne, public et élus en manteaux ou doudounes, la séance publique du conseil municipal n’a duré, vendredi, qu’une heure vingt. Le débat a cependant été animé, pour ne pas dire chaud à certains instants. Il n’y avait que trois dossiers inscrits à l’ordre du jour et une demi douzaine de questions diverses, impromptues comme il se doit.

La réunion a débuté mezzo voce. Après l’appel des membres du conseil (10 présents et un absent Jean-Louis Caussel, qui avait donné pouvoir à André Menella), le premier sujet, une modification budgétaire, n’a donné lieu à aucun commentaire si ce n’est celui du rapporteur.

A la demande du receveur dans un souci du respect de la forme,  il s’est agi de se prononcer, après rectification selon ses recommandations, sur une décision prise lors de la précédente séance à propos du transfert d’un crédit entre sections.

Le second dossier, également d’ordre budgétaire, revenait lui aussi en discussion : le renouvellement de la ligne de trésorerie. Outil financier indispensable à toute commune, d’autant plus si celle-ci est petite et qu’il y a été réalisé dans l’année un chantier important.

Et, ce, pour pallier provisoirement  à l’écart entre le paiement des dernières factures et l’encaissement des soldes des subventions afférentes. L’équivalent en quelque sorte du crédit permanent accordé par une banque à un client solvable, pour lui permettre de faire face à une difficulté passagère ou mettre à profit une opportunité.

Le terme d'une situation absurde

Après plusieurs refus depuis la fin de l’été 2009, la raison a fini par s’imposer. Par 4  voix contre deux (MM. Martinez et Moya) et 5 abstentions, le maire va donc pouvoir négocier la dite ligne de trésorerie auprès d’un organisme bancaire, crédit agricole voire caisse d’épargne, et, selon le souhait exprimé par Christian Martinez, au nouveau taux en vigueur, en baisse depuis la proposition précédente faite par le Crédit agricole. Ce qui va de soi.

La majorité des élus souhaitaient obtenir, à nouveau, une ligne de 500 000 €. « Pour quoi faire ? avait demandé le banquier. Vous n’avez plus de projet d’envergure. Si cela survient, nous ajouterons les 300 000 € supplémentaires. »

Persister eut été encore plus absurde que durant la période écoulée : nombre de relances, de réclamations des fournisseurs se sont accumulées en mairie. Le renom de la commune a commençé à en pâtir. Certains créanciers ont même déjà exigé des pénalités.  D’autres ne veulent plus fournir ou poursuivre des travaux. 


La Paro : c'est fini ?...

Enfin, autre « serpent de mer » brignacois : le projet  de 9 logements sociaux d’Hérault Habitat au lotissement de « La Paro ». Abandonné purement et simplement, selon Jean-Louis Vedel, fort d’un courrier du directeur général de cet organisme, adressé au maire à l’issue de l’audience qu’il avait accordée à une délégation de l’opposition, composée de MM. Christian Martinez, Robert Moya, Lionel Tourel et Jean-Louis Vedel.

Dans cette lettre, M. Jean-Pierre Pugens écrit en conclusion : « Nous ne pouvons, hélas, que tirer un constat d’échec et nous sommes dans l’obligation de vous confirmer la décision qui vous avait été notifiée, à savoir l’abandon pur et simple de ce projet… »

Le directeur général d’Hérault habitat fait, là, référence à un précédent courrier adressé au Maire, le 25 novembre 2009, en recommandé avec accusé de réception . Il la termine par cette phrase fort explicite : « Je vous adresserai, dès lors, aux fins de remboursement un état des frais engagés pour cette affaire. »

Logiquement, Henri Jurquet a demandé à M. Pugens quels sont ces frais et à quelle hauteur ils se chiffrent. Une première réponse est parvenue dans la journée de jeudi par Fax sur le bureau du maire. Une estimation partielle à près de 40 000 €. Il faudra y ajouter des frais d’étude et de notaire.

Aussi  Henri Jurquet a déclaré en séance : « je me dois de prévoir au prochain budget une provision de 60 à 80 000€, après que vous ayez privé la commune d’un capital immobilier d’une valeur de près de deux millions d’euros et du versement anticipé d’un loyer de 100 000 €. »

« Non, non c’est fini, Hérault Habitat ne demande plus rien » a rétorqué Christian Martinez, s’en tenant à la teneur de la lettre du 26 janvier. Mme Chantal Loison demandait à voir le dernier courrier : « A votre demande, précisait son auteur… ». « Mais c’est vous qui réclamez que la commune soit pénalisée !... » s’est exclamée la conseillère municipale.


...en attendant !

Tohu-bohu autour de la table. « Il y a d’autres sociétés HLM » affirme M. Christian Martinez. « Les constructions d’Hérault Habitat sont d’une réelle qualité. » regrette implicitement Thierry Domergue. « S’il y a une autre société candidate, je souscrits » affirme André Menella.

Difficile de saisir tous les propos des uns et des autres. Un temps de silence permet à ce dernier de clore provisoirement le débat : « Attendons le papier bleu de l’huissier, si papier bleu il y a. Nous aviserons à ce moment là. Nous saurons alors à quoi nous en tenir. »

Les responsabilités seront alors clarifiées. Le citoyen, l’électeur et le contribuable sauront à quoi s’en tenir. Ils pourront  tirer les conclusions de ce dossier, qui ne va pas manquer d’alimenter la chronique municipale un certain temps encore.

Par Vivre à Brignac - Publié dans : Conseil municipal
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