Vendredi 26 novembre 2010 5 26 /11 /Nov /2010 08:39

Cohérence ! C’est le maitre mot, c’est le principe directeur qui devrait être commun à tous les acteurs de la vie économique, sociale et politique du Cœur d’Hérault. Il ne semble pas que ce soit précisément la règle. Bien au contraire.

A quoi cela sert-il de réfléchir des années durant sur une charte de pays, d’élaborer des schémas directeurs susceptibles de concrétiser l’équilibre entre une vocation majeure, le tourisme, un souci environnemental corrélatif, une nécessaire protection de la tradition agricole et viticole de la vallée, une quête indispensable d’activités et donc d’emplois pour les nouvelles générations ?

Question primordiale, essentielle, vitale, quand on voit surgir, ici à là, sous l’impulsion d’élus, de lobbies professionnels, d’entrepreneurs ambitieux, des projets totalement étrangers à cette problématique.

Est-ce bien raisonnable de multiplier des ZAC, alors que celles qui existent déjà ont bien du mal à drainer de nouvelles entreprises ?

Est-ce logique qu’au niveau de la Région on préconise de vastes ensembles économiques le long de l’autoroute A 9 et qu’à celui du Département, on n’ait pas tout à fait la même approche ?

Une déclinaison dichotomique

Comment développer la vocation touristique du Cœur d’Hérault, bénéficier du flux passager généré par l’A 75 et son appendice l’A 750 ?

Comment, dans le même temps, faire coéxister des activités génératrices d’éventuelles pollutions ?

Comment préserver la qualité écologique la vallée et se féliciter d’une circulation croissante de voitures et surtout de poids lourds ?

Comment préserver les paysages agrestes et implanter des bâtiments industriels et commerciaux à l’antipode du style de la filature de Villeneuvette ?

Comment laisser s’étendre des carrières, par définition dévastatrices du paysage, et prétendre à un message à forte connotation  bucolique ?

C’est cette déclinaison dichotomique qui a amené, dans un certain nombre de communes, des citoyens à s’interroger, à dialoguer, à se grouper en associations, qui, elles-mêmes, ont senti la nécessité de se constituer en collectif pour se faire entendre et agir.

Avec un objectif : interpeler les pouvoirs publics, les acteurs locaux, la population afin de mettre, sinon un terme, du moins un frein à l’anarchie structurelle en voie de développement.

Intérêt croissant envers le collectif

L’action de ce collectif dit de la moyenne vallée de l’Hérault suscite un intérêt croissant. Ainsi, à Saint-André de Sangonis, après moult tergiversations, les riverains concernés par le projet d’extension des carrières de la SOLAG, se sont finalement regroupés, tout récemment, au sein d’une association de défense et ont acquis l’appui d’un avocat.

La première initiative de celui-ci a été d'adresser un courrier au préfet de l’Hérault. Il a averti le représentant de l’Etat de l’attaque immédiate devant le tribunal administratif, dès sa publication, d’un éventuel arrêté d’autorisation.

De son coté, la société Leygue a obtenu de la municipalité de Saint-André de Sangonis, une modification du PLU. Cela devrait lui permettre également de bouleverser le paysage de la LERGUE et d’implanter un transbordeur au-dessus de l’Hérault. Un recours est là également en gestation.

Parallèlement, une enquête d’utilité publique a été ouverte depuis le 15 novembre et, ce, jusqu’au 17 décembre prochain, en vue de la légalisation du barrage de Carabotte, sur l’Hérault. Une infraction patente depuis 21 ans ! Elle a été suscitée par les autorités après le recours intenté par l’association  APNEE devant le tribunal administratif et le courrier envoyé au Ministère de l’environnement.

Par ailleurs, la réaction du collectif à l’annonce d’un projet de golf à Montagnac a provoqué celle de l’association « Languedoc-Roussillon nature et environnement », qui, à son tour, s’est saisie du dossier.

A Gignac, la modification du plan d’urbanisme suscite un certain nombre d’interrogations. Certains aspects de cette initiative sont jugés inacceptables. Une réaction locale serait en préparation.

A Brissac, où la municipalité est également en conflit avec les carriers, un rapprochement avec le collectif est en cours.

Des signes incontestables de l’influence croissante du collectif dans la vallée, de sa visibilité et de sa crédibilité. On ne tardera pas en connaitre d’autres témoignages.

 

Par Vivre à Brignac - Publié dans : Vallée de l'Hérault
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