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Le constat météorologique, dont nous avons fait état dans une page précédente, a amené les responsables départementaux, en 2007, à décider un bilan carbone. Celui-ci a été précédé par le lancement d’une concertation. Il sera suivi d’un plan climat départemental. Le but est de définir des techniques susceptibles de limiter les dégâts, car Météo France prévoit pour 2030 une température moyenne supérieure de 3° !
Ce qui entrainera inévitablement une évolution des comportements touristiques, voire un décalage des périodes de vacances, des migrations saisonnières différentes, une nécessaire adaptation de la production agricole (en 5 ans, la production d’un hectare de vignes a baissé de 25% en quantité, mais aussi parfois en qualité selon les cépages et les débuts de vendanges sont avancés parfois d’un mois) ainsi que son impact sur l’économie locale.
L’eau suscite également inquiétude et réflexion. Des études sont menées sur les ressources et les besoins devant le développement démographique et le changement des cultures. Des projets de réglementation de son utilisation, de déclaration d’utilité publique de tout forage, de surveillance permanente du niveau des nappes phréatiques, des volumes prélevables sont en gestation. On s’oriente vers une rigoureuse gestion de l’eau.
Tout comme on surveille attentivement l’élévation du niveau de la mer : déjà 15 cm au 20ème siècle ! Et donc, logiquement, l’érosion des 85 kms de plage du littoral héraultais, avec pour enjeu la submersion marine et la destruction des constructions. Aux ouvrages en durs réalisés à ce jour, on songe à des « réactions plus souples », telles que le rechargement régulier des plages, les plantations de roseaux pour fixer le sable, le frein au « piétinement » touristique par des accès à la mer via des transports « doux » (plus de 4x4 jusqu’au bord de l’eau).
De même, on tente de mesurer et de limiter l’impact du phénomène sur la flore méditerranéenne, dont les rythmes saisonniers sont en train d’évoluer sous l'influence de printemps précoces et d'automnes tardifs. La floraison est conditionnée par la lumière et la température. On assiste à une progression vers le nord de certaines espèces (le chêne vert ira, lui aussi, jusqu’à Poitiers !), mais aussi la disparition programmée d’autres.
Le fonctionnement de l’écosystème forestier se traduit par une croissance accrue sous l’effet du CO2 et de l’élargissement de la plage d’ensoleillement. Ces bouleversements concerneront tant la flore sauvage que la culture de nouvelles plantes, et donc le recours aux ressources en eau.
Enfin, la faune n’échappera pas à cette mutation. Remplacement des espèces, modification du cycle de vie des animaux. Ainsi, des oiseaux migrateurs hibernent désormais chez nous au lieu de traverser la Méditerranée. La reproduction des batraciens se trouve freinée par l’assèchement des mares. Des poissons tels que le barracuda ou le poisson flûte, habitués aux eaux du sud ou du proche orient, sont désormais familiers de nos côtes.
Ce sont tous ces aspects que les responsables départementaux souhaitent voir pris en compte non seulement par les élus territoriaux mais surtout par l’ensemble de la population. L’enjeu est vital.