Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /Sep /2009 10:38

Dans toute opération, qu’elle soit d’intérêt économique, de portée politique, ou encore de nature militaire, le terrain conditionne la stratégie. Le triangle formé par les deux autoroutes A 75 vers Béziers et A 750 vers Montpellier et dont la base est l’axe Nébian, Brignac et Saint-André de Sangonis est, à l’évidence, un carrefour privilégié. Il est la clé d’un désenclavement de la haute et moyenne vallée de l’Hérault, restées trop longtemps à l’écart des grands courants économiques.


Deux conceptions en opposition

Les prémices de cette évolution surgissent en cette première décennie du XXIème siècle. Et, déjà, s’affrontent deux conceptions, l’une dite économique, en fait pragmatique, l’autre environnementale, disons aussi idéologique.

Les premières escarmouches se traduisent en questions et réponses, en distribution de tracts et de conférences de presse. A projet, contre-projet. Dossier mené à marche forcée et manœuvres dilatoires en gestation. Chaque camp affûte ses arguments. Pour et Contre. Qui croire ?

M. Alain Cazorla ? Trop discret a-t-on prétendu. C’est lui qui a révélé le projet. Voici plus de 8 mois. Nous avons été les premiers à nous soucier des implications de l’affaire. Ni pour, ni contre. Le maire de Clermont-l’Hérault, vendredi 18 septembre, lors d’une conférence de presse, dont nous avons fait brièvement écho dans une page précédente, a insisté sur la « totale transparence de l’opération ».

Et à l’appui de ce propos, il a rappelé « l’accord unanime des maires de la communauté » lors de la présentation du dit dossier en février dernier, ainsi que l’intérêt de la quarantaine de propriétaires fonciers concernés, à une exception près. Dame, il leur a été proposé 6 € du m2, alors qu’ils ne trouvent pas preneur à plus de 1.5 € !


Appel auprès des élus régionaux

Aussitôt, le collectif de la Salamane se propose d’interpeller les dits maires, de même que les élus régionaux et départementaux. Les premiers pour leur demander d’étudier une alternative de développement agricole de la Salamane. M. Alain Cazorla estime un tel projet de maraichage compatible avec le sien et propose même les services de ses techniciens pour la recherche des terrains idoines.

Quant aux seconds pour attirer leur attention sur la contradiction entre les subventions consenties (250 000 € par le Conseil régional et 200 000 € par le Conseil Général)) avec les programmes votés en amont : Valcordia pour « un nouvel art de vivre en cœur d’Hérault » ainsi que le Schéma régional d’aménagement et de développement durable qui  prétend « placer les activités humaines au cœur de la biodiversité » ou encore « l’agenda 21 » auquel se réfère le maire de Clermont-l’Hérault.

Ce dernier ne manque pas de faire valoir que le complexe de Système U sera « un bâtiment de haute qualité environnementale, qui répondra aux 14 prescriptions fixées par la réglementation, entouré de 20% de plantations, de voies cyclables et de bassins de rétention répartis sur 6 ha ». M. Cazorla fait état également d’études à venir sur le plan hydraulique, les incidences du trafic routiers et d’un bilan carbone.

Le trafic routier suscité par la présence de la plateforme Système U est estimé à 138 camions par jour, Beaucoup moins que sur le trajet Ceyras-Clermont (284).  Pourquoi la route et pas le ferroutage ?

Pour cela, il faudrait remettre en activité la liaison ferroviaire via Le bosc. Las, Réseau ferré de France vient d’annoncer,  ce mois de septembre, la fermeture de la ligne Vias-Lodève entre Lézignan-la-Cèbe et Le Bosc ! La nouvelle a été confirmée, le 25 août dernier, à M. Cazorla.

Et ses interlocuteurs de prôner que le conseil général, déjà propriétaire des certaines voies, s’en porte acquéreur avec le concours des communautés de communes et rétablisse cette desserte afin de limiter un transport routier au bilan écologique désastreux.

Et cerise sur le gâteau : l’emploi. Selon M. Cazorla, à terme, la ZAC de la Salamane devrait en générer quelques 600, dont 120 permanents pour le seul système U, sans compter quelques 80 saisonniers. Aussitôt question logique : combien de transferts depuis Vendargues ? 15 ou 20 . Marginal donc. Et le maire de Clermont-l’Hérault d’affirmer : « Nous travaillerons avec le pôle emploi pour recruter des « localiers » ». Il voulait probablement parler de demandeurs d’emploi locaux.

Pourquoi pas ? Nous l’avons noté. Nous le rappellerons.

Par Vivre à Brignac - Publié dans : Salamane
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Commentaires

Comme évoqué dans un précédent commentaire, traitant du sujet, je suis conforté dans la certitude que les propriétaires de vignes sont plus sensibles à la rente qui va leur échoir qu 'à la défense de leur cher environnement.
Heureusement la plantation de salades et autres légumes proposée comme alternative,diminuera certainement les nuisances environnementales......
La haute technicité des emplois proposés correspondent bien aux ressources du la région.
Je cite:
"Jusque là, les viticulteurs, dont les plus nombreux habitent Canet, ont été très agréablement surpris à l'annonce de ce projet. Tout comme le maire de Canet » ajoutait Alain Cazorla qui pense également aux retombées fiscales induites"
".Les types d'emploi concerneront des manutentionnaires et des caristes"
wouah!!!!!!
Commentaire n°1 posté par MIRAULT le 23/09/2009 à 16h35
1 ha à 6 € le m2. Je vous laisse le soin du résultat. Placé à 3.5% l'an, ce montant assure une rente moins pénible à obtenir que les rangs de vignes sacrifiés. Calcul simple et simple constat.
Réponse de Vivre à Brignac le 24/09/2009 à 08h05
Bien sûr, je suis tout a fait d'accord.Mais je n 'admets pas l 'hypocrisie qui consiste à se draper dans une indignation surjouée ayant comme mobile la défense de l 'environnement.
Si tel était le cas, comment comprendre que pendant des décennies, les viticulteurs ont systématiquement arraché arbres et haies au motif, je cite " cela fait sale ! (authentique!)
De même l 'utilisation excessive de produits chimiques divers à durablement détruit flore et faune provoquant de surcroît cancers divers et variés chez les utilisateurs.
Alors que l 'on nous épargne les trémolos de la défense de l 'environnement.
Je note que le plus ardent contempteur du choix de CAZORLA est un porte flingue de SOTO ennemi personnel du Maire de Clermont;
Les guéguerres pichocrolines des Hauts Cantons provoquent chez moi, comme le disait Mr Jacques Chirac le mouvement d 'une sans faire bouger l 'autre.
Commentaire n°2 posté par MIRAULT le 24/09/2009 à 12h42
Toujours la forme à ce que je vois. En 2007, notre association a mené un vrai combat écologique. Ce qui nous a évité de respirer en permanence les éffluves de ce que l'on peut vraiment une "usine à merde".
Aujourd'hui, les écologistes qui se manifestent sont en retard d'une ...économie. Le projet de Zac se fera. Il faut, par contre, en limiter au maximum les nuisances potentielles. On doute, on daube sur ses retombées bénéfiques. 
Le débat a déjà le mérite de souligner l'évolution nécessaire de l'activité agricole de la vallée, la nécessité de passer de la monoculture à la polyculture,  la préservation d'espaces indispensables à l'alimentation des hommes,  l'incohérence entre la suppression de liaisons férroviaires, l'intensification du trafic routier, la lutte contre la pollution et le réchauffement climatique.
Tout cela résulte d'un bricolage à visages multiples. Aucune vision d'ensemble pour notre vallée. Des découpages en pays, communautés et autres syndicats. des petits territoires pour des petits élus.
C'est mon impression et... je la partage!

AM
Réponse de Vivre à Brignac le 25/09/2009 à 16h02
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