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« Avis favorable » à l’exploitation par la société « Henri Leygue SARL » d’une carrière de matériaux alluvionnaires à ciel
ouvert sur la commune de Saint-André de Sangonis et à l’installation d’un transporteur aérien à bande vers le centre de traitement de Pouzols.
Motifs: besoin d'agrégats de qualité, exploitation inscrite dans le PLU de la commune, implantation discrète, projet raisonnable, maintien d'une activité économique et d'emplois, remise en état
des lieux, transfert, en fin d'activité, de la propriété du site à la commune, bonne réputation du carrier, diminution du trafic de camions grâce au transbordeur et avis favorables des
municipalités de St-André, Pouzols, Gignac, le Pouget et Ceyras.
Le rapport du commissaire enquêteur a rejoint à la préfecture de l’Hérault celui établi, en début d’année, à propos de la demande déposée par la Solag pour l’ouverture d’un autre chantier sur
cette même commune de Saint-André de Sangonis.
Entre temps était parvenu en préfecture le courrier d’alerte adressé par le Collectif « Avenir de la vallée de l’Hérault », au nom des dix associations regroupées en son sein, dont « Vivre à Brignac ». La parole est désormais au représentant de l’état.
Une réserve et sept recommandations
L’avis formulé par le commissaire enquêteur comporte une réserve, sept recommandations et un souhait.
Sa réserve : que le démarrage des travaux se fasse à partir de la côte 39.5 m NGF. Il s’agit d’éloigner les opérations d’extraction de la « ripisylve du fleuve Hérault » et de prendre en compte le risque millénaire d’une inondation.
Ses recommandations concernent les mesures à prendre afin d’en limiter les nuisances. Il préconise donc :
-d’effectuer des mesures périodiques des poussières à proximité immédiate du site et du convoyeur.
-de capoter le dit convoyeur du départ jusqu’à la première tour de support
-d’utiliser des « bips » à fréquences mélangées pour les engins évoluant sur le site d’’exploitation
-de réaliser une étude paysagère approfondie afin d’intégrer valablement le transporteur
-de porter une attention particulière aux opérations de décapage du terrain qui génèreront bruits et poussières pour le voisinage
-de prendre toute précaution pour éviter la dégradation des arbres, des espèces, des sous-bois et du sol lors de la mise en place du premier support du transporteur
-de répondre aux attentes de Mme Lefevre-Richet, dont l’habitation est située le plus près du site.
Un souhait à prendre en compte
Enfin, le commissaire enquêteur émet un souhait : le goudronnage, depuis le rond point d’accès du RD 32, de la route menant au centre de production de Pouzols, afin de réduire les poussières provenant du roulage des camions de livraison des produits finis.
Ce souhait est-il déjà pris en compte ? Il a été question en séance publique du conseil municipal de Saint-André de Sangonis d’une somme de 370 000 € promise par l’entreprise Leygue à la municipalité. Elle a été prévue, selon le directeur de cette société, pour reconfigurer et, en fin de travaux, rénover la chaussée du chemin départemental qu’emprunteront, depuis le hameau de Cambous, les engins de chantier durant la construction du transbordeur.
Le représentant de l’état traduira-t-il ces recommandations et ce souhait en conditions fermes ? Retiendra-t-il des éléments dont il est fait état dans le cours du rapport mais non dans la conclusion :
-comme la hauteur du merlon prévu en périphérie du site. Sera-t-elle, à ses yeux, suffisante : 2.5 m,
-de même le délaissé réglementaire de 10 mètres sur l’ensemble du pourtour de la future carrière.
- Estimera-t-il les garanties financières suffisantes au terme des 15 années d’exploitation annoncées, compte tenu de l’érosion…monétaire ?
Une activité « gruyère » compatible ?
Question moins innocente qu’il n’y parait : la moyenne vallée de Hérault compte près de 400 carrières, couvrant une superficie totale de 400 ha, soit 4% du territoire des communes concernées, à savoir St-Jean de Fos, Aniane, Gignac, St-André de Sangonis, Pouzols, Le Pouget et Canet. 50% de ces carrières ont été remises en état, 20% peuvent être considérées comme des sites « orphelins ». 20 % sont en cours d’exploitation et 10% sont en projet.
Le développement de cette activité « gruyère », mais traditionnelle, cadre-t-il avec celui du tourisme dans une zone, elle aussi, « orpheline » économiquement, entre Le secteur éminemment touristique de Saint-Guilhem-le désert et le rayonnement de Montpellier ? Et, ce, faute d'une réhabilitation incertaine et aléatoire de plusieurs carrières en fin de veine.
Le préfet va devoir également prendre en compte un autre élément de l’enjeu environnemental : la protection des berges de l’Hérault, riche d’un ripisylve dense et variée, celle d’une colonie de hérons cendrés, l’empiétement du secteur d’exploitation (23,08 ha) de 6ha sur l’espace réservé « Natura », la disparition, durant plusieurs années, de terres arables, ainsi que les nuisances possibles pour les populations voisines, bruits et poussières.
Le dossier présenté par la société Henri Leygue est volumineux, documenté, argumenté, fruit du travail d’une société d’engineering. Mais principalement technique. Pas forcément politique.