Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /Mai /2007 10:31

Nous sommes allés, au début du mois mai dernier, sur le site de traitement des boues urbaines de la SAU, à Bellegarde dans le Gard. Sans prévenir. Nous n’avons pas eu besoin d’y pénétrer. Ce que nous avons vu et surtout senti depuis le portail d’entrée s’ouvrant sur la RN 113 était plus qu’édifiant ! La délégation de brignacois présents est unanime : «  Pas de ça près de chez nous ! »

 

Ce jour là, précisément, les conducteurs de deux tractopelles, enfermés dans leurs cabines, charriaient le compost extrait des tunnels de fermentation vers une machine où un opérateur surveillait le brassage du « produit » avant qu’il soit transporté vers les aires de stockage en plein air.

 

En arrière plan, quatre lignes de compost, hautes de plus de trois mètres, laissaient échapper une fumée nauséabonde qu’un petit vent poussait benoitement vers les lotissements voisins. Aucune mesure de protection particulière n’était prise pour en éviter la propagation.

 

Le hangar où se fait le mélange des boues avec les déchets verts était ouvert à tous les vents. Un hangar dont on dit qu’il est équipé d’un neutralisateur d’odeur !

 

Au bout des six tunnels de fermentation non encore ouverts des ventilateurs propulsaient vers l’extérieur un parfum fétide qui contribuait  également à la pestilence ambiante que nous respirions à cet instant, tout comme le font à longueur d’année les riverains.

 

Cette odeur n’a rien à voir avec les parfums des fermes d’autrefois où le fumier était entassé près du corps d’habitation. Elle colle à la peau, empreigne les vêtements. Au bout d’un moment, l’on finit par se sentir sale.

 

Quant aux terres entourant le site, elles constituent désormais un « no-man’s-land ». Plus aucune culture n’y est possible. Quel viticulteur voudrait prendre le risque de produire même la plus modeste bibine ? Quel maraicher assez impudent pourrait proposer des légumes nauséabonds

 

Le jour de la visite de la délégation brignacoise, il pleuvait. Il n’y avait donc pas de mouches en grand nombre. Or, en été, s’il y a désormais à Bellegarde beaucoup de mouches malgré les « efforts » de la Saur, c’est à cause de la …chaleur ! Le cynisme est de rigueur.

  

Une partie de la délégation brignacoise s’est ensuite rendue sur le site de compostage de Nimes, près duquel est construite actuellement la future station d‘épuration de la ville. Même type d’unité de traitement qu’à Bellegarde, mais situé loin de toute habitation. IL est 17h. Toute activité a cessé. Et, paradoxe, l’odeur est moins agressive qu’à Bellegarde. Il pleut toujours et les eaux de ruissellement se répandent sur le sol en un jus noirâtre. Tout près de là une grosse roubine serpente dans la plaine.

 

 

Par Vivre à Brignac - Publié dans : Projet des boues
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