Une partie de l’assistance a quitté la salle avant la fin de la réunion du conseil municipal lundi dernier. Certaines personnes n’ont pu taire leur indignation devant l’attitude, le ton péremptoire, l’opposition défiant parfois le bon sens affichés par le 1er adjoint au maire dans le rôle de « héraut » du jour.
Le temps pour le maire d’ouvrir la séance, de procéder à l’appel des conseillers (10 présents et procuration donnée par Mme Rau-Boussekane), puis d’amorcer l’énumération des points inscrits à l’ordre du jour, les mêmes que ceux du lundi 8 novembre, et le dit premier adjoint de demander l’inscription d’un autre point, celui déjà refusé par deux fois.
M. Henri Jurquet n’est toujours pas décidé au hara-kiri en tant quepremier magistrat de la commune. Mais, il se devait d’entendre la lecture d’un courrier adressé au nom des sept élus contestataires au sous-préfet de Lodève pour demander la dissolution du conseil municipal.
Motif : une gestion autocratique (« de monarque absolu », dit le Larousse). Ce qui semble recevable, si la moindre action d’exécution prise en application des votes du conseil, doit être, au préalable, elle aussi annoncée, débattue et votée.
De toute façon, cela ne servirait pas à grand-chose, si l’on en croit la suite des débats, consacrés en grande partie à des questions financières. A quoi bon fournir à chaque élu sur chaque point de l’ordre du jour, les documents afférents ? A quoi ont-elles servi les deux réunions préparatoires et privées du conseil avant la précédente séance publique du 8 novembre ?
Une série de refus
Ainsi ont été refusées les modifications budgétaires nécessaires pour :
- 1/ alimenter le poste des intérêts de la ligne de trésorerie, utilisée en raison du retard du versement des subventions liées à l’extension de l’école et surtout au refus de vote du budget, au printemps dernier, par les 7 mêmes conseillers. Les mêmes ont consenti au recours à cette ligne de trésorerie.
- 2/ couvrir la dépense liée à la mise aux normes électriques de l’hôtel de ville, obligatoire après contrôle des services de sécurité, et non prise en compte dans le budget fixé par la cour des comptes et le préfet, qui n’ont considéré que les dépenses d’investissement engagées avant le mois de juin.
- 3/ le remboursement, à la demande de la Trésorerie, d’un trop payé de 141 € par un administré sur sa facture d’eau et d’assainissement. Ce concitoyen attendra donc le bon vouloir de la majorité.
Chacun appréciera le bien fondé de ces refus, comme, ensuite, celui de l’équipement sportif de la cour des primaires à l’école. « Nous avons voté, donc pas question de revoter ! » a annoncé le 1er adjoint. Crédit effectivement voté en 2009 et reporté sur 2010, pour des raisons de priorité dans les aménagements complémentaires de l’école, mais budget 2010 rejeté par ceux-là-mêmes
Ce qui a amené l’adjoint aux finances à rappeler que les conseillers avaient eu copie de l’arrêté du préfet, que la cour régionale des comptes avait laissé entendre, dans ses attendus, qu’il serait nécessaire pour le conseil de revoter sur les projets qui n’avaient pas été engagés à la date de son intervention.
Il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre. Les élèves et les enseignants devront donc attendre, eux aussi, le bon vouloir de la majorité.
Il en sera de même pour la facture de l’entreprise de menuiserie intervenue pour finaliser, avec la réalisation et la pose d’un arceau de renfort au lieu et place de la cloison suppriméee, l’agrandissement de la salle de classe de Mme Agathe Fernandez, effectué pour le reste par le personnel communal.
Que, par ailleurs on perde les subventions obtenues pour la réalisation du stade multisports, aucune importance. Pour le 1er adjoint, il n’y a pas 145 jeunes au village pour justifier un tel équipement ! Et, puis, il n’y a aucune protection routière pour accéder au terrain.
Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut ne pas voir. Une centaine d’enfants sont inscrits à l’école communale. Et, on peut constater, le matin, au passage des cars scolaires reliant Clermont-l’Hérault, que les collégiens et lycéens brignacois sont plus d’une quarantaine. Ceux-là attendront aussi.
Quant au dispositif de sécurité routière, il a été déjà envisagé par le maire avec la direction des routes (ralentisseur, passage protégé, signalisation). Il pourrait être complété par le rond point prévu au carrefour d’accès aux nouveaux lotissements, si la même majorité ne s’opposait pas à la réalisation du lotissement du Garissou, dont le lotisseur doit participer au financement du dit rond point.
Attendront également les employés communaux qui souhaitent bénéficier du régime indemnitaire en vigueur dans les communes voisines, pour les cas de suractivité. Les mêmes conseillers préconisent des augmentations de salaire. Ce qui n’est possible que par promotion et sous condition de réussite à des examens professionnels.
Il n’y a pas plus entêté que celui qui ne veut pas comprendre !
Et …des unanimités
Seuls, ont trouvé grâce aux yeux des sept conseillers et donc été votés à l’unanimité:
-1/ les travaux pour réaliser le chemin piéton route de Fouscaîs. Là, le danger est réel et quotidien pour les parents et enfants se rendant ou revenant de l’école. Après toutefois, le reproche fallacieux de ce que ce chantier aurait du être effectué en régie, donc par les employés auxquels les mêmes refusent la contrepartie de leurs efforts en pareils cas. Ces mêmes employés qui, en 2009 et 2010, ont suivi volontairement des formations à la conduite de poids lourds et des engins de chantier…
- 2/ le règlement, la procédure de location et la création d’une régie de recettes de la salle polyvalente, après le reproche amer et l’insulte gratuite faits à l’adjoint aux finances de n’avoir pas transmis, après corrections, la dernière version du texte du règlement. Copies ont été faites. Nul n’en a reçu. Suspicion oblige, dans la mesure où l’on juge les autres d’après soi-même.
-3/ la suppression du poste de rédacteur-chef, après le départ de Mme Barral et accord de la commission paritaire du centre de gestion de la Fonction publique de l’Hérault.
La démocratie a offert, ce soir là, son pire visage. Les élus, vraiment mécontents, peuvent retourner devant les électeurs, témoins de leur comportement incohérent et irresponsable.
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